samedi 17 février 2018

Algérie. Les droits des femmes, beaucoup reste à faire par Keltoum Ben

Constitution algérienne de 1976 concernant le statut des femmes 

• Article 39 : « Les libertés fondamentales et les droits de l’homme et du citoyen sont garantis. Tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur les préjugés de sexe, de race ou de métier, est proscrite. » 

 • Article 40 : « La loi est la même pour tous, qu’elle protège, qu’elle contraigne ou qu’elle réprime. » 

 • Article 41 : « L’État assure l’égalité de tous les citoyens en supprimant les obstacles d’ordre économique, social et culturel qui limitent en fait l’égalité entre les citoyens, entravent l’épanouissement de la personne humaine et empêchent la participation effective de tous les citoyens à l’organisation politique, économique, sociale et culturelle. » 

lundi 5 février 2018

Syrie (Nord) et Turquie : Ankara lance une nouvelle guerre contre les Kurdes à Afrin, par Joseph Daher

Depuis le 20 janvier 2018, l’armée turque assistée par des milices à la solde de la Turquie de l’opposition armée syrienne, en grade majorité des forces conservatrices islamiques et réactionnaires, a lancé une offensive aérienne et terrestre à grande échelle, baptisée « Opération Rameau d’olivier » sur la province d’Afrin située au nord-ouest de la Syrie avec une population majoritairement kurde contrôlée par Parti de l’Union Démocratique (PYD) et ses Unités de Protection du Peuple (connus sous les noms des YPG). 

Plus d’une soixantaine de civils (Kurdes, Arabes, Arméniens et autres) ont été tués depuis le début de l’opération et de nombreuses destructions ont été causées par les bombardements de l’aviation turque. 

Au même moment, le régime autoritaire et criminel de Bachar al-Assad et l’aviation russe continue ces bombardements et ses offensives militaires contre les régions de la Ghouta orientale et d’Idlib qui ont causé la mort de plusieurs centaines de civils et des déplacements de populations civiles massifs ces dernières semaines. Il y a un consensus entre toutes les puissances internationales et régionales pour le maintien du régime meurtrier à Damas avec Bachar al-Assad à sa tête au nom de la « guerre contre le terrorisme ». C’est ce consensus qui donne « carte blanche » au régime syrien de continuer ses crimes à une large échelle. 

vendredi 2 février 2018

Grèce. La droitisation de SYRIZA: un gouffre social, moral et idéologique, par Antonis Ntavanellos

Le 15 janvier 2018 a été soumis au Parlement grec, et par la suite adopté par la majorité de SYRIZA-ANEL [Grecs indépendants], le projet de «loi-valise», par lequel le gouvernement Tsipras assure le «bon» déroulement de la 3e évaluation de la situation économique grecque par les créanciers. 

Ainsi, ce gouvernement suit sa route vers la fin formelle du programme du 3e mémorandum (signée le 14 août 2015), annoncée pour août 2018. D’ici à cette date le gouvernement doit encore éviter deux récifs. 

D’une part, les «stress tests» (tests de résistance bancaire) des banques grecques [Banque nationale de Grèce, Piraeus Bank, Alpha Bank et Eurobank], où il espère que les créanciers et la Commission européenne accepteront l’application de critères moins stricts, afin d’éviter le scénario d’une nouvelle recapitalisation des banques qui ferait exploser la vision optimiste de l’économie grecque actuellement diffusée. 

D’autre part, la stratégie de communication de Tsipras qui, malgré tous les problèmes, est déjà en train de préparer les prochaines élections. Il a encore en perspective la 4e évaluation (au printemps 2018), qui débouchera sur de nouvelles mesures d’austérité supplémentaires. 

jeudi 25 janvier 2018

Face au consensus nationaliste et à la déraison militariste : Nous condamnons la guerre d’Erdogan sur Afrine!

Après des semaines de préparation morale, de pression diplomatique et de désinformation massive l’Etat turc a finalement attaqué l’enclave à majorité kurde d’Afrine, situé au nord-ouest de la Syrie. En jouant habilement sur les clivages entre Washington et Moscou, le Président turc a réussi à lancer une opération militaire d’envergure composée de frappes aériennes, de déploiement de milices islamistes et de l’incursion des troupes de l’armée turque sur le sol Syrien prêtes à l’offensive.

Nous condamnons fermement cette guerre, cyniquement dénommée “Rameau d’Olivier”, qui n’aura d’autre conséquence que d’aggraver les tensions entre les peuples turcs, kurdes et arabes, de repousser toute espérance de vie commune et dont l’ultime objectif est incontestablement la consolidation du régime dictatoriale d’Erdogan. 

mardi 9 janvier 2018

Catalogne : quel paysage après les élections ? par Josep Maria Antentas

1- Le 21 décembre (21D) a dessiné le paysage d’une insolite mobilisation électorale, avec une participation historique de 79,04 % (il s’agit des chiffres officiels après le décompte des votes de l’étranger). Le rapport de forces entre les deux grands blocs en lice est relativement similaire à celui du 27 septembre 2015 (27S) : 2 079 340 voix (47,49 %) et 70 députés indépendantistes vs. 1 902 061 voix (43,49 %) et 57 députés partisans de l’Article 155. Et, entre les deux, un auto-proclamé modeste troisième espace, celui de Catalunya en Comú-Podem : 326 360 voix (7,45 %) et 8 députés. 

Au sein de chaque camp c’est un parti conservateur qui est en position hégémonique : Ciudadanos, indiscutablement, pour le bloc consitutionnaliste, face à un Parti Populaire (PP) qui s’effondre et un Parti des Socialistes de Catalogne qui, malgré une légère progression, ne parvient pas à sortir de son rôle périphérique dans la politique catalane ; et Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne), pour le bloc indépendantiste, quoique d’une façon beaucoup plus précaire et pratiquement à égalité avec l’ERC (Esquerra Republicana de Catalunya – Gauche républicaine de Catalogne). 

2ème congrès d'Anticapitalistas. Entretien avec Brais Fernandez

Anticapitalistas (section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol) a tenu son second congrès à Madrid (7-9 décembre 2017). Pour en comprendre le contexte et les défis, notre journal s'est entretenu avec Brais Fernández, membre de la direction [réd.]. 

Qu'est-ce que Anticapitalistas, comment est-il né ? 

Brais Fernández : Anticapitalistas est la continuation de Izquierda Anticapitalista. Nous avons changé de nom pour nous adapter aux règles imposées par la direction de Podemos: celles-ci empêchent les militant•e•s d'une structure partidaire de participer aux organes dirigeants de Podemos. Autre raison: le terme «gauche» s'est très fortement dévalué en Espagne après le 15M (Abréviation désignant le mouvement des Indignés espagnols, ayant débuté avec l'occupation de la Plaza del Sol, le 15 mai 2011). 

Au-delà de ces raisons, il y a un changement de conception politique. Izquierda Anticapitalista se concevait comme un groupement anticapitaliste large (même s'il n'a pas réussi à concrétiser ce but), à la gauche de la gauche réformiste. 

vendredi 5 janvier 2018

Iran. L’ensemble du régime en point de mire, par Babak Kia

Depuis le jeudi 28 décembre, la République Islamique d’Iran est secouée par une vague de contestation sociale inédite depuis le mouvement de 2009 contre la réélection d’Ahmadinejad. Les manifestations actuelles ont éclaté à Mashhad, deuxième ville du pays située à l’ouest, avant de s’étendre à de nombreuses villes et régions iraniennes. Depuis jeudi, les manifestations sont quotidiennes, elles s’amplifient et touchent désormais plus d’une quarantaine de villes petites, moyennes et grandes. 

Contrairement à la mobilisation de 2009 qui se situait d’abord sur le terrain démocratique, ce sont bien les questions sociales qui sont au centre de la vague actuelle et Téhéran n’est pas l’épicentre de la contestation. 

Autre différence majeure, la mobilisation actuelle se situe en extériorité totale aux « débats » qui opposent les différentes factions du pouvoir. C’est bien l’ensemble du régime qui est dans la ligne de mire de la contestation. 

lundi 18 décembre 2017

La gauche espagnole et la question catalane, par Jaime Pastor

« L’expression politique de l’identité catalane est trop persistante et intense pour s’évanouir dans l’anonymat d’une polis unique et, en démocratie, une fois brisé les liens de la peur, le projet unitaire de l’Espagne présente d’autres faiblesses qu’il convient de ne pas agiter (Pays basque, Galice…). » Ce diagnostic d’un ancien ministre socialiste de la justice, Francisco Caamaño, publié dans la présentation d’une anthologie récente établie par Daniel Guerra, El pensamiento territorial de la Segunda República española (Athenaica, 2017), synthétise le constat d’échec historique du nationalisme espagnol dominant non seulement sur la question catalane, mais aussi en ce qui concerne son projet d’assimilation de la diversité nationale et culturelle au sein de l’Etat espagnol. 

En effet, ce nationalisme, représenté principalement par le système du tripartisme du régime monarchique [PP, PSOE, Ciudadanos-C’s], se trouve face à un double problème : trouver une réponse à cet échec autant en ce qui concerne son rapport avec un large secteur de la société catalane que face à la réalité plurinationale toujours plus visible. Cette réponse, si elle se veut démocratique, impliquerait l’acceptation d’un traitement d’égal à égal avec la Catalogne (c’est-à-dire, respecter son droit au divorce). 

lundi 27 novembre 2017

Une pax russia pour la Syrie , par Francis Sitel

A Sotchi, en bord de mer Noire, Poutine est à la manœuvre. Avant le sommet tripartite Russie-Iran-Turquie, il a convoqué Bachar al-Assad pour une « réunion de travail » qui s'est tenue le 20 novembre. Le même Bachar al-Assad était déjà sorti de Syrie une première fois pour un tête-à-tête avec Poutine en octobre 2015. C'était un mois après le déclenchement de l'intervention militaire russe directement sur le terrain. Il s'agissait alors de porter secours à un régime menacé d'effondrement. 

Deux ans après, suite à cette guerre prise en mains par les Russes, les Iraniens et les diverses milices affidées, le rapport de forces est inversé. Toutes ces actions militaires sont appelées « guerre contre le terrorisme ». Pour les Ocidentaux, est visé Daech. Pour Poutine et al-Assad, il s'agit prioritairement des opposants au régime syrien. 

dimanche 29 octobre 2017

Catalogne : “Défendons la République catalane et ouvrons le processus constituant”, par Anticapitalistas

Déclaration d’Anticapitalistes (section catalane de la IVe Internationale). 

Aujourd'hui le Parlement a approuvé le fait que la Catalogne devienne une République indépendante et l'ouverture d'un processus constituant fondé sur la volonté du référendum du 1er octobre. Nous soutenons et saluons cette décision, mais n'avons pas convaincu l'ensemble du bloc démocratique catalan. 

La rupture avec le régime était une étape nécessaire pour que le 1er octobre soit irréversible. Cependant, il a manqué une main gauche pour intégrer des sensibilités non indépendantistes, quelque chose qui doit être inclus dans le processus constituant. 

En même temps, le Sénat a confirmé l'application de l'article 155, le coup d'état à la souveraineté de la Catalogne. Le défi à l'ordre constitutionnel et au Régime de 78 vit maintenant son apogée avec la proclamation de la République catalane.