lundi 14 juillet 2014

Gaza : agissez maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! - Un appel urgent de la société civile de Gaza


"Nous, Palestiniens piégés dans la bande de Gaza assiégée et en sang, faisons appel aux personnes conscientes du monde entier afin qu’elles agissent, qu’elles protestent et qu’elles intensifient le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce que ce dernier mette un terme à cette attaque meurtrière contre notre peuple et qu’il doive en rendre compte. 

Alors que le monde nous tourne à nouveau le dos, nous, à Gaza, au cours des quatre derniers jours, avons été laissés à nous-mêmes pour faire face à un massacre après l’autre. Alors que vous lisez ces mots, plus de 120 Palestiniens sont morts, y compris 25 enfants.
Plus de 1000 personnes ont été blessées, certaines souffrant de blessures horribles qui les handicaperont pour toujours : plus de deux tiers des blessé·e·s sont des femmes et des enfants. Nous savons pertinemment que bien d’autres ne survivront pas la journée prochaine. Lequel d’entre nous sera le prochain, alors que ce soir nous sommes réveillés dans nos lits par le son du carnage ? Ferons-nous partie – laissé dans un état impossible à identifier – de la prochaine photographie qui restera du passage de la machine de destruction israélienne dernier cri pour ce qui est du broyage des membres et l’arrachage de la chair ? 

Nous appelons à ce que soit mis un terme définitif aux crimes et à l’oppression dont nous sommes victimes. 

Nous appelons à : Un embargo sur les armes à destination d’Israël, à des sanctions qui portent atteinte à la fourniture d’armes et à l’aide militaire en provenance d’Europe et des Etats-Unis dont dépend Israël pour commettre de tels crimes de guerre. La suspension des accords bilatéraux et de libre-échange avec Israël, tels que l’accord d’association conclu entre l’Union européenne (UE) et Israël [accord conclu en juin 2000, il règle les rapports entre l’UE et Israël dans les domaines scientifique, économique, culturel, politique et social]. Le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre l’Etat d’Israël ainsi que la grande majorité de la société civile palestinienne l’exigea en 2005. Il a été prouvé à maintes reprises que si le régime israélien ne fait pas face aux pressions et à l’isolement, il poursuivra des massacres semblables à ceux que nous voyons autour de nous aujourd’hui ; et il continuera ses politiques de nettoyage ethnique systématique, d’occupation militaire et d’apartheid, ce qui dure depuis des décennies. 

Nous écrivons cet appel samedi soir [12 juillet] alors que nous sommes à nouveau paralysés dans nos maisons tandis que les bombes tombent sur Gaza. Qui sait quand les attaques en cours s’arrêteront ? Pour tous ceux d’entre nous âgés de plus de 7 ans, les rivières de sang qui coulèrent dans les rues de Gaza pendant plus de trois semaines en 2009 – lorsque plus de 1400 Palestiniens furent tués, y compris plus de 330 enfants – sont gravées dans nos mémoires. Des bombes au phosphore blanc et d’autres armes chimiques furent utilisées dans des zones civiles. Elles contaminent notre terre, provoquant en conséquence une augmentation du nombre de cancers. Plus récemment, 180 personnes supplémentaires furent tuées au cours d’attaques qui durèrent une semaine fin novembre 2012. Et cette fois ? Y aura-t-il 200, 500, 5000 victimes ? Nous demandons : combien de nos vies seront considérées superflues avant que le monde agisse ? Quelle quantité de notre sang sera nécessaire ? 

Avant les bombardements israéliens, Ayelet Shaked, une députée du Parlement israélien, membre du parti d’extrême droite du Foyer juif [qui compte 12 députés sur 120 au Parlement], appela à un génocide contre le peuple palestinien. Elle déclara : « Ils devraient s’en aller comme le devraient les habitations dans lesquelles ils élevèrent les serpents. Sans cela, plus de petits serpents seront élevés là-bas. » 

En ce moment, rien ne s’oppose à la nature meurtrière de l’Etat Israël, car nous, une population composée en majorité d’enfants, ne sommes que de simples serpents pour eux. Ainsi que le dit Omar Ghraib à Gaza : « Voir les images de petits garçons et de petites filles cruellement tués était quelque chose à vous briser le cœur. Tout comme cela l’était de voir une femme âgée tuée alors qu’elle préparait le iftar [le repas de rupture du jeûne lors du ramadan] lors de la prière du Maghreb [la quatrième prière de la journée, sur les cinq, pour un musulman pratiquant] en bombardant sa maison. Elle mourut tenant une cuillère dans sa main, une image qui restera très longtemps dans ma tête. » 

Des maisons entières sont ciblées et des familles entières sont assassinées. 

Tôt, jeudi matin, l’ensemble de la famille al-Haj fut tuée : Mahmoud, le père, Bassema, la mère, et cinq enfants. Sans avertissement, une famille a été ciblée et on lui ôta la vie. Jeudi 10 juillet, dans la soirée, la même chose se produisit : sans avertissement cinq morts supplémentaires, dont quatre appartenant à la famille Ghannam, comptant une femme et un enfant de 7 ans parmi eux. 

Mardi matin la famille Kaware reçu un appel téléphonique disant que leur maison de trois étages serait bombardée. La famille commença à fuir, lorsqu’un réservoir d’eau fut touché. Ils y retournèrent avec des membres du quartier qui les rejoignirent et tous se rendirent dans cette maison pour y rester avec eux, donc des gens de tout le quartier s’y trouvaient. Les avions israéliens bombardèrent le bâtiment sur le toit duquel se trouvaient beaucoup de personnes. Sachant très bien qu’il était occupé par des civils. Sept personnes moururent immédiatement, y compris cinq enfants âgés de moins de 13 ans. Vingt-cinq autres furent blessés et un enfant de 8 ans, Seraj Abd al-Aal, succomba de ses blessures plus tard dans la soirée. Peut-être que la famille tentait de faire appel à l’humanité du régime israélien, certaine qu’il ne bombarderait pas un toit plein de personnes. 

Mais, alors que l’on voit des familles déchirées autour de nous, il est évident que les actions de l’Etat d’Israël n’ont rien à voir avec l’humanité. Parmi les autres endroits touchés, on trouve : un véhicule sur lequel il était clairement inscrit qu’il était utilisé par les médias, tuant le journaliste indépendant Hamed Shehab, blessant huit autres personnes ; une frappe contre un véhicule de secours du Croissant-Rouge et des attaques contre des hôpitaux qui obligea à des évacuations et engendra plus de blessures. 

Ce dernier round de barbarie israélienne est fortement ancré dans le contexte du blocus inhumain de sept ans qui a coupé les principaux réseaux d’approvisionnement de biens vitaux et de circulation vers et en dehors de Gaza, aboutissant à des pénuries médicales et alimentaires sévères qui se répercutent actuellement sur tous nos hôpitaux et toutes nos cliniques. Le ciment nécessaire à la reconstruction des milliers de maisons détruites par les attaques israéliennes a été interdit « d’importation » et de nombreuses personnes blessées et malades ne sont toujours pas autorisées à voyager à l’étranger pour recevoir des traitements médicaux urgents, ce qui est à l’origine de la mort de plus de 600 patients. 

 Alors que nous recevons des nouvelles alarmantes, alors que les dirigeants israéliens promettent de passer à la vitesse supérieure, nous savons que de nouvelles horreurs sont sur le point de se produire. 

Pour cette raison, nous faisons appel à vous pour que vous ne nous tourniez pas le dos. Nous faisons appel à vous pour que vous vous leviez pour la justice et l’humanité et pour que vous manifestiez et souteniez les hommes, les femmes et les enfants courageux enracinés dans la bande de Gaza, faisant face aux temps les plus sombres. 

Nous insistons sur une action internationale : 

• Rupture des relations diplomatiques avec Israël ; 

• Poursuites pour crimes de guerre ; 

• Protection internationale immédiate des civils de Gaza. 

Nous vous demandons instamment de rejoindre la campagne qui gagne en force en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions afin que cet Etat voyou soit rendu responsable du fait qu’il se montre une fois encore si violent et pourtant toujours autant incontesté. 

Rejoignez ceux et celles qui, toujours plus nombreux autour du monde, sont engagés pour que les Palestiniens n’aient plus à grandir au milieu des assassinats et des destructions continuels du régime israélien, pour que nous puissions circuler librement, pour que le siège soit levé, pour que l’occupation soit terminée et pour que les réfugié·e·s palestiniens du monde obtiennent justice. 

Agissez maintenant, avant qu’il ne soit trop tard !"

Appe signé par : Palestinian General Federation of Trade Unions University Teachers’ Association in Palestine Palestinian Non-Governmental Organizations Network (regroupant 133 organisations) General Union of Palestinian Women Medical Democratic Assembly General Union of Palestine Workers General Union for Health Services Workers General Union for Public Services Workers General Union for Petrochemical and Gas Workers General Union for Agricultural Workers Union of Women’s Work Committees Pal-Cinema (Palestine Cinema Forum) Youth Herak Movement Union of Women’s Struggle Committees Union of Synergies—Women Unit Union of Palestinian Women Committees Women’s Studies Society Working Woman’s Society Press House Palestinian Students’ Campaign for the Academic Boycott of Israel Gaza BDS Working Group One Democratic State Group 

Traduction A l’Encontre. http://alencontre.org/

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